Mon père a 75 ans. C'est un conteur. Il n'y a pas un souper de famille qui finit sans une histoire — la fois où le camion a pris le fossé, la job au port, le voisin qui jouait du violon à trois heures du matin. On les a toutes entendues. On les redemande quand même.
Un jour, ces histoires vont partir avec lui. Pas seulement les anecdotes : sa façon de les raconter, sa voix qui monte avant la chute, le silence juste après. Ça, aucun livre ne le garde.
Méromie est né de cette idée simple : on peut les garder. Une heure dans un salon, une caméra qu'on oublie, une personne qui écoute pour vrai. Et un film qu'on regarde à Noël, qu'on montre aux petits-enfants, qu'on ressort le jour où on en a besoin.
Nous ne cherchons pas les vies exceptionnelles. Nous cherchons les vies. Celles qui ont traversé le verglas et les référendums, les naissances et les deuils, les jobs plates et les étés de chalet. Les petites histoires dans la grande.
Notre premier invité sera mon père. Les prochains, ce sera peut-être les vôtres.